Romain Louvet et Vincent Lahens sont deux acteurs qui s'emparent du conte avec la rage et l'énergie de bouffons. A travers des histoires simples, des personnages de l'ordinaire, ils abordent la réalité sous un angle fantastique, voire fantasmé. En cherchant à décodifier le conte, ce spectacle trouve une liberté qui permet l'accès à un publique large et diversifié. Avec générosité, finesse et humour, pendant plus d'une heure ils jongleront avec les mots, galoperont avec les idées, les feront vibrer. Leur objectif: se faire plaisir, se jouer de la frontière entre le vrai et le faux avec la sincérité propre au conteur.
Notre mémoire collective est riche de mots nouveaux: Mastercard, placo-platre, Renault Nevada, low-kick, supermarché, accro-branche... et ils jouons avec.
L'écriture, le jeu, le conteur
Le conte est trop souvent perçu comme étant bercé par une tradition sage et dévolue à une certaine morale. C’est oublier qu’il offre des possibilités de jeu(x) infinies, tant dans la narration que dans l’interprétation.
Nous sommes donc partis dans cette quête de possibilités de jeu, en partant d’un premier postulat : le conteur est déjà un personnage. Il a ses propres positions face à la société, la politique, les gens, à la vie en général.
Nous l'avons choisi cynique, parfois optimiste ou encore fataliste, mais aussi remuant. Et pour les adeptes de la sémantique et autres passionnés du genre théâtral, on peut ajouter qu’il est un personnage tantôt bouffon tantôt clown.
Pour élaborer cette écriture, des allers/retours incessants entre le papier et le plateau, ont été nécessaires, pour que l’oralité semble naturelle tout en dégageant une certaine qualité littéraire. L’aménagement des temps de narration et d’action est aussi intégré dans l’écriture. Ainsi chaque histoire ne peut se raconter que si elle est jouée.
La morale
La morale et les histoires ont de tout temps subit les pressions des pouvoirs. A l'heure où les ménagères sont accros au mélodrame, nous avons mis l'accent sur ce que racontent nos récits, par l'intermédiaire d'une petite provocation.
"... Afin de suivre la tendance actuelle de l'économie, nous avons décidé de libéraliser la morale, de la faire tomber dans le domaine de la concurrence. Concrètement, nous vous racontons les histoires, et pour la morale démerdez-vous!"
Alors que l'on nous sert du "prêt-à-penser", nous racontons nos histoires trépidantes en laissant le spectateur résumer le récit et y trouver ainsi la morale.
Que le spectateur soit intelligent ou qu'il s'ennuie !
A noter:
Ce spectacle, souple comme asticot, peut se jouer dans une multitude de lieux: en salle, café théâtre, zénith, salon, jardin, grange...